
Lue deux fois, cette double paracha révèle un argument unique sur les endroits où Israël peut et ne peut pas être touché, et son pivot est la bouche. La parole est le moyen par lequel Israël agit, l'arme que ses ennemis tentent de retourner contre lui, et la faculté dont le mauvais usage défait ses propres dirigeants. La loi inaugurale de la parah adouma, lue comme une mère expiant pour le veau, lie l'impureté de la mort à la souillure de l'idolâtrie dès le seuil. À Meribah, il est dit à Moshé de parler au rocher, mais il le frappe à la place, abandonnant la parole à la force dans la génération dont le pouvoir réside dans sa bouche. Moav diagnostique alors correctement Israël, engageant Bilam pour combattre un peuple de la bouche avec un homme de la bouche ; chaque malédiction se transforme en bénédiction, et même l'ânesse dit la vérité que le voyant ne peut exprimer. La paracha prouve qu'aucune parole extérieure ne peut blesser Israël, puis montre la seule brèche qui fonctionne à Baal-Peor, ouverte de l'intérieur par l'appétit même d'Israël, arrêtée seulement par Pinhas avec vingt-quatre mille tombes derrière elle.
Dans la haftara, Michée se tourne d'abord vers la guerre de Gog et Magog et la rédemption qui s'ensuit, lorsque Israël n'aura besoin ni de chevaux ni de villes fortifiées et que le mauvais penchant lui-même sera supprimé. Dieu convoque alors Israël au jugement, rappelant Ses bontés et ne demandant, en fin de compte, que la justice, l'amour de la bonté et une marche humble devant Lui.