
Contexte
Cette Haftara est tirée du dernier chapitre de Zekharia, un prophète parmi ceux qui sont revenus de Bavel pour reconstruire le Beit HaMikdash après les soixante-dix ans d'exil. Ses premières prophéties encouragent une petite communauté en difficulté à achever la construction ; ses derniers chapitres portent leur regard bien au-delà de leur propre génération, vers la fin des temps.
Le sujet ici est l'affrontement final : la guerre de Gog et Magog, la coalition des nations qui se rassembleront contre Jérusalem dans les jours précédant la rédemption. Ce chapitre est lu à Souccot car il se termine précisément là — avec les nations survivantes faisant leur pèlerinage annuel à Jérusalem pour se prosterner devant Hachem et célébrer la fête de Souccot.
Explication de la Haftara
« Voici, un jour de Dieu arrive » — un jour où la grandeur du Saint, béni soit-Il, sera révélée. Mais d'abord vient l'amertume : Gog et Magog descendent sur le pays et se partagent le butin. Hachem Lui-même rassemble les nations à Jérusalem ; la ville est prise, les maisons détruites, les femmes violées, et la moitié de la ville est emmenée en exil et retenue captive dans le camp ennemi hors des murs. Alors, la moitié qui reste sort pour combattre pour ses frères emprisonnés, et Hachem part au combat à leurs côtés, « comme un guerrier fait la guerre un jour de bataille », et ils l'emportent. Nos Sages ont retracé l'arrogance derrière cette guerre : Ésaü pensait que Caïn était un fou d'avoir tué Abel alors que leur père pouvait encore avoir d'autres enfants ; Pharaon pensait qu'Ésaü était un fou d'avoir attendu, et tua les nouveau-nés ; Haman pensait que Pharaon était un fou d'avoir épargné les filles, et décréta la mort des hommes, des femmes et des enfants. Gog dit qu'ils étaient tous des fous, car ils n'ont jamais remarqué qu'Israël a un Protecteur au ciel — il propose donc de faire la guerre d'abord contre le Saint Lui-même. Ce à quoi Hachem répond : tu souhaites Me combattre ? Je te combattrai volontiers.
En ce jour, Ses pieds se poseront sur le mont des Oliviers, la crête à l'est de Jérusalem, et la montagne se déchirera en deux, une moitié se déplaçant vers le nord et l'autre vers le sud, laissant une vaste vallée entre les deux. À travers cette vallée, le peuple s'enfuira jusqu'à Atzal, fuyant le bouleversement comme leurs ancêtres ont fui le tremblement de terre aux jours d'Ozias, roi de Juda. Et alors Hachem viendra avec tous Ses saints anges pour exercer la vengeance.
Ce qui suit est un jour sans pareil — ni lumière du jour ni clair de lune froid, un jour qui n'est ni un jour de détresse ni encore un jour de rédemption, mais un jour consacré à proclamer les merveilles d'Hachem. « Et il y aura de la lumière au soir » : quand la nuit d'Israël est la plus sombre, en exil et en captivité, c'est alors qu'Hachem allume la lumière de leur rédemption. Des eaux vives jailliront alors de Jérusalem, moitié vers l'est et moitié vers l'ouest, sans être arrêtées par le froid de l'hiver ou la chaleur de l'été. Ces eaux engloutiront les eaux de Shittim, où Israël est autrefois tombé dans l'immoralité, car comme Hachem l'a promis : « Je répandrai sur vous une eau pure » — le yetzer hara, le mauvais penchant qui pousse une personne au péché, sera retiré d'Israël aux jours du Machia'h. « Et Dieu sera souverain sur toute la terre » : tous reconnaîtront qu'Il est le seul Dieu. Les collines autour de la ville seront aplanies comme l'Arava, la plaine basse du Jourdain, afin que Jérusalem se dresse haute et visible, établie et jamais plus déracinée.
Sur les nations qui ont fait la guerre contre elle tombe une plaie terrible : leur chair tombe alors qu'elles sont encore debout, leurs yeux se vident de leurs orbites, leurs langues se dissolvent dans leur bouche. La folie les saisit et elles se frappent les unes les autres, et la plaie frappe aussi leurs chevaux, leurs mulets, leurs chameaux et leurs ânes. Ceux qui survivront monteront à Jérusalem chaque année à Souccot — la saison même de la guerre — pour se prosterner devant Hachem et marquer leur délivrance. Quiconque refusera sera privé de pluie et mourra de faim ; et puisque l'Égypte, dont le grain pousse grâce au Nil, n'a pas besoin de pluie, elle sera punie par d'autres moyens.
Le chapitre se clôt sur une sainteté qui atteint les choses les plus infimes. Même les grelots suspendus au cou des chevaux seront inscrits « Saint à Dieu », et avec un tel métal, on fabriquera des chaudrons pour le Beit HaMikdash, car les korbanot seront si nombreux que les ustensiles du Temple ne suffiront pas et que des chaudrons seront apportés des maisons de Jérusalem et de Juda. Aucun marchand ne sera nécessaire dans la Maison d'Hachem : des artisans seront embauchés et des ustensiles offerts librement. Et les Gibeonites, les serviteurs qui autrefois coupaient le bois et puisaient l'eau pour les cohanim, seront remplacés — les nobles eux-mêmes puiseront l'eau aux jours du Machia'h.
Message
Zekharia ne cache pas l'obscurité. La moitié de la ville part en captivité avant que tout ne soit rétabli, et cette captivité est décrite comme une épreuve — celle de savoir si Israël restera attaché au Saint, béni soit-Il, alors que rien de visible ne soutient sa foi. La réponse que donne le prophète n'est pas que l'obscurité est irréelle, mais qu'elle n'est pas définitive : « au temps du soir, il y aura de la lumière ». La rédemption arrive à l'heure où l'espoir a le moins de fondement.
Et quand elle arrive, elle est totale. Un seul Dieu, un seul Nom, reconnu par chaque nation ; des eaux qui lavent le penchant même au péché ; une ville qui ne sera plus jamais vidée de son peuple ; et une sainteté si abondante que les chaudrons domestiques ordinaires et les grelots sur le harnais d'un cheval sont intégrés au service du Beit HaMikdash. C'est la vision que nous lisons à Souccot, assis dans une cabane fragile, tandis que les nations de la prophétie de Zekharia sont représentées affluant vers Jérusalem pour célébrer cette fête même.
La guerre de Gog et Magog se déroule à Souccot, et Souccot est la fête que les survivants célébreront pour toujours. Ce qui commence comme l'assaut du monde contre Jérusalem se termine comme le pèlerinage du monde vers elle.