
Contexte
Cette Haftara est tirée de Melakhim Bet, le deuxième livre des Rois, qui relate l'histoire des royaumes de Bnei Israël. Sa figure centrale est Élisée, disciple et successeur d'Élie. Il prophétisa dans la Malchout Israël, le royaume du nord, au neuvième siècle avant l'ère commune, durant les années de la maison d'Achav. Peu de temps auparavant, les prophètes de Dieu étaient traqués par Jézabel, la reine idolâtre d'Achav.
Le passage raconte deux histoires des prodiges d'Élisée. Toutes deux se concentrent sur des femmes dont les foyers sont au bord de la ruine, et toutes deux tournent autour d'une porte fermée derrière laquelle Dieu agit. Elle est lue avec la Paracha Vayera, où Sarah reçoit également la promesse d'un fils, et les Sages soulignent eux-mêmes cet écho.
Explication de la Haftara
Le mari de la veuve, enseignent les Sages, était Ovadia, l'intendant craignant Dieu du palais d'Achav. Lorsque Jézabel chercha à tuer les prophètes, il en cacha deux cents dans une grotte. Pour les nourrir, il emprunta à Yehoram, le fils d'Achav, qui lui imposa des intérêts élevés. Pour cela, Yehoram fut plus tard frappé aux mains, ces mêmes mains qui avaient pris l'argent. Ce péché est si grave que lorsque Ézéchiel ressuscita les morts, un homme seul ne se leva pas, car il avait prêté de l'argent à des Juifs avec intérêt. Maintenant, Ovadia est mort, et Yehoram vient saisir ses deux fils comme esclaves.
Élisée demande ce qu'elle a dans la maison, et la réponse n'est qu'une petite fiole avec un peu d'huile. Il lui dit d'emprunter des récipients vides et de fermer la porte, par révérence pour le miracle, qui ne peut se produire sous des yeux indiscrets. Chaque récipient rempli est mis de côté, mais la fiole originale doit rester là où elle est, comme une source qui ne peut être déplacée. Lorsque les récipients furent épuisés, elle dit à son fils de rassembler les tessons brisés. Le Dieu qui remplissait les récipients vides pouvait rendre entiers ceux qui étaient brisés, et c'est ce qu'Il fit. L'huile ne s'arrêta que lorsque le garçon dit : « Il n'y a plus de récipients. » Lorsqu'elle demanda s'il fallait attendre que les prix montent, Élisée lui dit de vendre maintenant : il y en aurait assez pour payer sa dette et vivre.
À Shunem vit une femme riche, sœur d'Abishag, la jeune fille qui servit le roi David. Elle dit à son mari qu'elle sait qu'Élisée est saint : aucune mouche ne se pose sur sa table et son lit n'est jamais souillé. Ils lui construisent une chambre haute avec un lit, une table, une chaise et une lampe. Par l'intermédiaire de Guéhazi, son serviteur, Élisée propose de parler en son nom au roi. Elle répond qu'elle demeure parmi sa propre famille, qui parlerait pour elle. Guéhazi observe alors qu'elle n'a pas de fils, et que son mari est si âgé qu'il pourrait mourir à tout moment. Lorsqu'Élisée promet un enfant, elle supplie : « ne trompe pas ta servante. » Elle veut dire : ne me donne pas un cadeau qui ne durera pas, un fils qui mourra bientôt.
Sa crainte se réalise. Le garçon crie « ma tête, ma tête ! » dans le champ et meurt sur ses genoux à midi. Elle le dépose sur le lit du prophète et demande à son mari un âne sans révéler pourquoi. Il s'étonne du voyage, car ce n'est ni le Chabbat ni Roch Hodech, la nouvelle lune, où les gens rendaient visite au prophète. Elle répond seulement : « Tout va bien. » Au mont Carmel, elle saisit les pieds d'Élisée. Guéhazi pense que c'est un manque de respect, mais Élisée répond que Dieu lui avait caché son chagrin jusqu'à ce moment-là. Il envoie Guéhazi avec son bâton. Guéhazi s'en moque, demandant à tous ceux qu'il rencontre si un bâton peut ressusciter les morts, et rien ne se passe. Élisée vient lui-même, ferme la porte et prie. Il s'étend sur l'enfant, bouche contre bouche et yeux contre yeux, jusqu'à ce que le garçon se réchauffe, éternue sept fois et ouvre les yeux.
Message
Les Sages enseignent que l'enfant revint à la vie grâce au mérite de la tsedaka de sa mère, l'honneur généreux qu'elle a témoigné au prophète. De la même manière, les morts ressusciteront aux jours du Machia'h grâce au mérite de la charité. Ils apprennent de ses paroles qu'une femme perçoit mieux la valeur de ses invités que son mari. Quiconque accueille un érudit de la Torah et lui donne à manger et à boire est comme celui qui apporte le tamid, l'offrande quotidienne au Beit HaMikdash, car le verset dit qu'il est venu « régulièrement », tamid. Même le mobilier porte une signification. Mitah, choul'han, kisei et ner, le lit, la table, la chaise et la lampe, forment le mot Michkan, car un foyer qui accueille des invités devient une demeure pour la Chekhina, la présence divine de Dieu. Contrairement à l'ange qui promit un fils à Sarah, Élisée était mortel et parla avec précaution. Pourtant, sa promesse, elle aussi, s'est réalisée.
Une fiole d'huile, une petite chambre haute et une porte fermée dans la prière : à travers des choses si humbles, Dieu remplit ce qui est vide et restaure ce qui était perdu.